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Tenir un journal des nuisances de voisinage : mode d'emploi

il y a 2 heures
3 min de lecture

Vous subissez une nuisance de voisinage depuis un moment ? Tôt ou tard, quelqu'un vous conseillera : « Tenez un journal. » Mais qu'y noter exactement, combien de temps le tenir et que faire ensuite de ces notes ? Dans cet article, vous découvrirez en quoi un journal des nuisances vous aide, quelles colonnes prévoir et comment l'utiliser lors d'une discussion ou d'un signalement.

Carnet ouvert et stylo sur un bureau en bois

Pourquoi tenir un journal ?

Un journal présente trois avantages. D'abord, vous voyez vous-même se dessiner une tendance : est-ce tous les soirs, seulement le week-end, ou plutôt quand il y a du vent ? Ensuite, vous pouvez être précis lors d'une discussion : « Ces deux dernières semaines, j'ai entendu de la musique après minuit neuf soirs sur quatorze » a plus de poids que « C'est tout le temps comme ça ». Enfin, les interlocuteurs que vous pourriez solliciter, comme votre bailleur ou le syndic de copropriété, vous demanderont généralement des éléments concrets. Sans dates ni heures, il leur est difficile d'agir.

Et cela soulage : vous n'avez plus à tout retenir.

Quelles colonnes prévoir ?

Restez simple. Ces colonnes suffisent :

  • Date

  • Heure de début et de fin, ou durée

  • Ce qui s'est passé : bref et factuel, par exemple « basses fortes venant du salon du dessus » ou « fumée de cheminée entrant par la grille d'aération »

  • Où vous l'avez constaté : chambre, jardin, salon

  • Conséquence pour vous : réveillé, fenêtres fermées, impossible de travailler

  • Action : rien fait, sonné chez le voisin, envoyé un message, signalement

  • Témoins ou éléments : personne du foyer, autres voisins, photo, enregistrement sonore

Exemples de lignes

Voici à quoi un journal peut ressembler :

  • Ven. 2 oct., 23 h 40 – 1 h 15. Musique forte avec basses, voisins du dessus. Entendu depuis la chambre. Endormi seulement après 1 h 30. Aucune action.

  • Sam. 3 oct., 0 h 10 – 0 h 50. Coups sourds et éclats de voix, voisins du dessus. Chambre. Réveillé. Conjoint également réveillé (témoin).

  • Mer. 7 oct., 19 h. Discussion sur le palier au sujet de la musique. Le voisin s'engage à baisser le son après 23 h.

Remarquez que la discussion figure aussi dans le journal. Vous pourrez ainsi montrer plus tard que vous avez d'abord tenté de régler les choses à l'amiable.

Rester factuel

Notez ce que vous voyez et entendez, pas ce que vous pensez. « Le voisin est un égoïste » n'a pas sa place dans le journal. « Musique jusqu'à 1 h 15, après ma demande de mercredi » en revanche, oui. Un journal factuel est plus convaincant et évite qu'il se retourne contre vous s'il est un jour partagé.

Pensez aussi au respect de la vie privée. Ne filmez pas et ne photographiez pas vos voisins chez eux ou dans leur jardin. Restez-en à ce que vous constatez depuis votre propre logement, et en cas de doute sur ce qui est permis, renseignez-vous avant d'enregistrer quoi que ce soit.

Combien de temps le tenir ?

Il n'existe pas de règle fixe. Souvent, trois à six semaines suffisent pour faire apparaître une tendance claire. Pour une gêne saisonnière, comme la fumée d'un poêle ou une climatisation, la période peut être plus longue. Vous pouvez arrêter dès que le problème est réglé, mais conservez le journal.

Que joindre à un signalement ?

Lors d'un signalement, joignez un résumé court et lisible : la période concernée, la fréquence, ce que vous avez déjà tenté et ce que vous demandez. Ajoutez le journal complet en pièce jointe. Vos interlocuteurs ont peu de temps : un résumé clair augmente les chances qu'ils donnent suite.

Ce qui aide souvent en pratique

Un journal est plus facile à tenir quand on le remplit sur le moment, ou au plus tard le lendemain matin, plutôt que de reconstituer une semaine entière de mémoire. Garder toujours le même format, au même endroit, rend aussi le résultat plus lisible pour vous comme pour les autres. Et rien ne vous empêche de partager vos notes avec vos voisins eux-mêmes : voir les dates et les heures noir sur blanc aide parfois à prendre conscience de la gêne.

Si la situation ne s'améliore pas, ce journal vous servira d'appui auprès de votre bailleur, du syndic de copropriété, d'une médiation ou d'un conciliateur de justice, dont l'intervention est gratuite. La mairie peut souvent vous orienter vers le bon interlocuteur. Il s'agit d'une information générale et non d'un conseil juridique.

Un journal prêt à l'emploi

Vous préférez ne pas construire votre propre tableau ? Le pack Constituer un dossier vous aide à rassembler vos notes et vos échanges de façon calme et structurée. Les packs classés par situation, à retrouver parmi nos packs en français, sont eux aussi accompagnés d'un journal de suivi.

 
 
 

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